Ses contributions
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Les contributions d'Elio Antonio de Nebrija ont été sans aucun doute considérables et précieuses pour le monde de la philologie et des humanités, non seulement parce qu’il a crée un grand nombre d’oeuvres qui recouvrent tout type de disciplines, mais aussi pour les innovations que celles-ci ont apportées puisqu’elles ont signifié une transformation des principes de son temps.
Son apport le plus marquant et le plus célèbre est indéniablement l'élaboration de la Grammaire castillane, publiée le 18 août 1492. Cet ouvrage est essentiel pour l'histoire universelle du fait de son caractère révolutionnaire car non seulement il s'agit de la première grammaire de la langue castillane, mais aussi la première d’une langue « vernaculaire ». Auparavant, il n'y avait que des grammaires de langues dites « cultivées », comme le latin, le grec et l'hébreu. Par conséquent, cette publication, qui a servi de modèle pour d'autres langues vernaculaires, a su donner de la dignité à une langue romane comme l'espagnol.
En outre, cette grammaire a reçu l'approbation de la reine Isabelle la Catholique (à qui elle était d’ailleurs dédiée) car cette dernière considérait que celle-ci serait utile pour la diffusion de la langue espagnole dans le Nouveau Monde. Cependant, ce n'est qu'au XVIIIe siècle que l’on a commencé à lui donner sa vraie valeur qui est celle qui nous est parvenue jusqu'à aujourd’hui, car à l’époque de Nebrija, celui-ci n’avait connu que le succès grâce à ses dictionnaires latin-espagnol et espagnol-latin.
Une autre grande contribution dans le domaine philologique a été la création des Règles d'orthographe en langue castillane (1517), inspirées du principe « d’écrire une langue telle que nous la parlons », une idée qui perdure jusqu'à nos jours et qui impliquait une révolution complète : « C'est ainsi que nous devons écrire comme nous parlons et parler comme nous écrivons ».
Sur le plan pédagogique, Nebrija a laissé une marque profonde de transformations de son temps au travers de sa méthode pédagogique basée sur un programme intellectuel. Autoproclamé « Rénovateur des lettres hispaniques » après son passage à Bologne, il présentait dans ses cours la grammaire, l'oratoire et la poésie comme des disciplines révolutionnaires, bien que celles-ci étaient méprisées à cette époque-là. Il a également écrit de nombreux ouvrages basés sur ses enseignements, tels que les Introductiones Latinae (1481), un ouvrage à grand succès éditorial qui a aidé de nombreux étudiants à apprendre le latin.
Il est intéressant de comprendre que Nebrija n'a jamais conçu la science comme étant un domaine détaché des sciences humaines, mais plutôt comme un retour de connaissances. Pour cette raison, il considérait qu'il convenait aux grammairiens de traiter toutes les disciplines scientifiques du point de vue philologique : en témoignent les nombreux écrits sur la métrologie (nombres, poids et mesures), la cosmographie, la botanique ou la réforme du calendrier qu'il a rédigés. Une autre preuve de cette pensée est illustrée dans l'ouvrage Table de la diversité des jours et des heures (1516-1517), qu'il a écrit durant ses vieux jours afin que celle-ci puisse servir de référence pour connaître la durée du jour tout au long de l'année dans différentes zones géographiques. Cet ouvrage a connu également un grand succès en son temps.
Les préoccupations de notre humaniste étaient si vastes qu’il s’est également intéressé à l’archéologie, ce qui a donné lieu à un projet sur les antiquités d’Espagne, Antiquitates Hispanienses (1498).
Nous ne pouvons pas oublier une autre contribution qui, sans aucun doute, a été essentielle dans sa vie : la recherche sur la Bible. En tant que grand érudit et grâce à sa collaboration au projet de la Bible polyglotte Complutense, promu par le cardinal Cisneros, il a récolté une multitude de traductions, de corrections et de révisions critiques de la Vulgate. Son approche de la langue hébraïque en relation avec les Saintes Écritures l’a amené à publier en 1515 le De litteris Hebraicis
quibusdam annotationibus Scripturam Sacram, qui comprend des traités sur la phonétique hébraïque, du lexique spécifique au Nouveau Testament ou un dictionnaire d’accentuation latine de mots d’origine hébraïque.
Cependant, ceci n’est qu’un aperçu de l’oeuvre immense d’Elio Antonio de Nebrija. Professeur, grammairien, précurseur des droits de propriété intellectuelle, éditeur, poète, chroniqueur royal, promoteur de la première imprimerie de Salamanque, participant de la création des statuts de l’Université d’Alcalá de Henares, membre du projet biblique polyglotte Complutense… (bien que cela reste à démontrer, on lui a même attribué la création du “Tanto monta” des Rois Catholiques). Celle-ci restent pour autant que quelques-unes des manifestations vitales d’Elio Antonio de Nebrija parmi de nombreuses autres contributions. L’énorme polyvalence de notre humaniste et sa pertinence incontestable ont conduit à la création d’une figure universelle importante non seulement pour les lettres hispaniques, mais aussi pour les lettres universelles.
