Biographie
- ???label.link.share???

Antonio de Cala y Jarana, mieux connu sous le nom d'Elio Antonio de Nebrija (Lebrija, 1444 ? - Alcalá de Henares, 1522) est un important humaniste et philologue se distinguant par son caractère multidisciplinaire, et dont l'héritage a survécu jusqu'à nos jours.
Issu d'une famille aisée, il passe son enfance dans sa patrie, Lebrija, à laquelle il a consacré de nombreuses ovations en référence à l'origine romane de celle-ci, appelée à l'époque « Nabrissa Veneria » et sur laquelle il s'est basée pour forger son nom et son prénom à partir de la structure du nom romain : Aelius Antonius Nebrissensis. C’est dans sa ville natale qu’il initie ses premières études sur la grammaire et la logique latines, donnant lieu ainsi au début de sa carrière académique et intellectuelle.
Mû par son désir de connaissance, il se rend à l'Université de Salamanque afin d'étudier la théologie pour se diriger finalement vers une branche plus humaniste - après être passé par le Collège des Espagnols en Italie, où il approfondit d’une part ses connaissances sur les Écritures Saintes et la langue latine et où, d’autre part, il se rapproche de la langue hébraïque. C’est de l’Italie qu’il revient avec l'idée de "restaurer les valeurs du latin" et de renouveler les principes intellectuels de son époque.
À son retour en Espagne, il devient le tuteur de Juan Rodríguez de Fonseca, le neveu d'Alonso de Fonseca. Cependant, après la mort de celui-ci, il commence à donner des cours de poésie à l'Université de Salamanque vers 1475 et, un an plus tard, il s’oppose à occuper la chaire de grammaire, poste qu’il avait obtenu grâce à ses propres mérites. Nebrija rentre à l'Université de Salamanque comme une bouffée d'air frais car sa méthode pédagogique est considérée comme moderne et innovante en comparaison avec les ancrages archaïques et traditionnels du monde universitaire en Castille.
Après s'être marié en 1487 avec Isabel de Montesinos ou de Solís, avec qui il eut neuf enfants naturels, il rejoint la cour de Don Juan de Zúñiga, maître de l'Ordre d'Alcántara. Au cours de cette étape, Nebrija poursuit l’écriture de sa grammaire et élargit sa production littéraire.
De même, au travers de son amitié avec Fray Hernando de Talavera, Nebrija côtoit la Cour des Rois Catholiques ce qui lui donnera le privilège d'être nommé chroniqueur royal en 1509. Grâce à cette proximité, il pourra également présenter son projet de La Grammaire sur la langue espagnole à la reine Isabelle la Catholique, qui donnera son approbation.
Après la mort de Zúñiga, il retourne à l'Université de Salamanque, qui s’est modernisée, pour occuper la chaire de grammaire. Cependant, après quelques absences à son poste, Nebrija quitte Salamanque pour répondre à l'appel du cardinal Cisneros. Celui-ci a le projet de créer une université à Alcalá de Henares et d’y diriger une équipe de savants afin de mener des études autour de la Bible qui deviendra « la Bible polyglotte de Complutense ». Nebrija est l'érudit parfait pour se lancer dans ce projet étant donné son intérêt pour l'étude grammaticale des Saintes Écritures et de ses connaissances de la langue hébraïque (ce qui lui vaudra des accusations de la part de l'Inquisition).
Son contact avec le monde de l'édition est également très important, puisque Nebrija, grâce à son alliance avec l'imprimeur Arnao Guillén de Brocar, est présent dans les processus d'impression et d'édition de ses oeuvres, en plus d’être pionnier dans l'obtention des droits intellectuels de ses oeuvres.
À sa mort en 1522 à Alcalá de Henares, où il exerçait en tant que professeur à l'Université, il laisse un large héritage d'oeuvres en latin et en espagnol qui reflète son intérêt pour différentes disciplines telles que la médecine, l'archéologie, la poésie, la Bible, la grammaire, la langue pour n’en citer que quelques unes.
